04 juillet 2009
Mer de vaches
URGENT de partir voir la mer
Quitter la plaine de solide peine
Passer aux ondulations de liquide
Vagues promesses de mouvement
Jamais de malaise à l'ouest
Marre des prés verts
Marre des mers de vaches
See you...maybe a day
à...je ne sais
plus rien
tout plein d'oeil
à mon jumeau de morne plaine
28 juin 2009
Nouveau rouge

En rouge et rouge...
Il fut enfin "sacrifié" hier, mon Château Paradis Saint-Emilion 1970
Verre ancien pour nouveau rouge
Pour marquer une renaissance
Goût retrouvé, ressuscité
OUI enfin hier j'ai tout humé, goûté, avalé avec plaisir et grande FAIM !
A quoi bon attendre un anniversaire, temps joueur, destin aléatoire
Hier j'étais bien vivante, en amitié partagée
Aujourd'hui j'écris encore ma vie
Demain...
Lancement réussi, haut vol en bouquet de vin "unique", breuvage de nature généreuse et de savoir faire ancestral
Atterrissage en équilibre, pas d'accident en vue
Rien que du plaisir...éphémère...durable...
Eternel présent, pas de douleur
Qui peut conjuguer cette hauteur ?
On le veut, on se dérobe
Elle était belle cette robe
Elle était belle cette soirée
Ils sont beaux les amis
"Ne laisse pas pourrir ton rouge dans ta cave"
Le magma de mon volcan rejaillit de plus belle lumière
Château Paradis du raisin de mes naissances
Au-delà d'être dans mes veines c'est dans mon âme
Bientôt une musique encore plus "soul"
L'émotion dans l'art attend l'art d'endurer
J'ai bien dégusté
A la bonne vôtre !
23 juin 2009
gramme air des anges
ils nous ailent
leur voues tu
les sens ciel
le sens tu
le sans nous
ils nous mangent
nous étrangent
les anges
05 juin 2009
Crise casting
J'avais promis ( à LN notamment) de mettre en ligne une vidéo maison de ma nouvelle chanson décalée écrite juste pour le fun un soir de délire à la cuisine, mais ça n'a pas réussi. Je ne peux afficher que quelques photos de moi chantant (qui vous donneront un aperçu des dégâts...), ainsi que les paroles, même si je n'aime pas les présenter sans la mélodie très ..."vieille chanson réaliste à la française" qui va si bien avec....Mais bon, voici :
Le grand casting
Sortie de ma formation vente
J'ai trouvé un boulot d'serveuse
C'était la veille de la tourmente
Depuis je suis d'venue chercheuse
J'ai pointé au grand casting
De l'agence ma p'tite bobine
"C'est pas la peine y'a plus d'emploi
C'est la grande crise qui veut ça"
Je me suis mise au hard discount
Depuis je suis chercheuse en tout
Bouou...et n'importe quoi !
Il paraît qu'un fonctionnaire
Regarde passer le temps sans faire
Plus qu'il ne faudrait commencer
Parce qu'ensuite il faut continuer
Alors j'ai pointé au casting
De la poste ma p'tite bobine
M'ont fait essayer leur vélo
J'ai les mollets trop haricots
M'ont fait essayer leur auto
J'étais imbibée de porto
Ohoh...toujours pas d'boulot !
Quelqu'un m'a dit que l'Elysée
Prenait des chanteuses androgynes
J'me suis laissé pousser les ch'veux
Et j'ai appris à faire gling gling
J'ai pointé au grand casting
De Paris ma p'tite bobine
Ils m'ont fouillée de fond en train
Je n'avais jamais posé nue
En tombant sur un nain d'jardin
J'ai pris mes jambes à mes p'tits seins
Hin, pas assez ingénue !
Au retour dans un train bondé
C'est bien ma veine un suicidé
Nous a bloqué pendant des heures
Alors j'ai chanté mes malheurs
Soudain les bobines du wagon
Ont fait circuler des pions
Ils ont ri chanté dansé
ça f'sait gling gling dans mon chapeau
La grande crise était oubliée
On n'écoute même plus les infos
Oh, hissez haut !
Les jours suivants j'ai inventé
Emballé tout mon répertoire
Je me suis même fait déridée
Pour avoir l'air moins désespoir
Depuis qu'j'ai réussi l'casting
Je viens pointer ma bobine
Sur des scènes grandes comme des camions
Je ne gagne toujours pas un rond
C'est peut-être pas la solution
En attendant j'fais un carton...
Et j'y crois à fond !
02 juin 2009
Petit poème pour rien (un de plus !)
Ces jours et ces nuits, où que j'aïe, ça pique
Du coup, je suis tuuut électrique
Ce pendant, j'aile bon feeling
En championne du looping
Désolée, y'a pas photo
Je saute en air eau...
pfff gloups plouf
et brasse mon héros ouf !
27 mai 2009
Historique CD (1)
L'enregistrement du premier CD de La Petite a effectivement débuté le 22 mai 2009.
Première étape : mettre en boîte "protool" les structures de "Tic toc" et "Les minéraux". Pas facile à deux (Luc le batteur) et moi (chanteuse et gratouilleuse de cordes). Très longue procédure, repères modifiés par rapport à nos habitudes de répétition ; il faut chanter sur un clic mécanique, sans instruments, ne pas perdre la note, ni le feeling du morceau. Bref, il faut être "dedans" ou "in" comme dirait David (prononcer Dayvid) notre technicien protools. Cet artiste américain touche à tout est tour à tour absorbé dans l'ordinateur, jonglant avec les diverses pistes d'enregistrement, puis concentré à nous expliquer (en franglais) pour la énième fois le principe et les règles d'enregistrement du logiciel, enfin parfois il éclate de rire (mais ça c'est quand il parle très vite en anglais avec Luc et là, je ne puis comprendre ce qui motive ce rire soudain, franc, bref). C'est juste un visuel intéressant pour moi ; très exotique. Bon, voilà les premières images :

David : "Protools is a fucking miracle"
J'attends....(une vieille habitude chez moi)...j'oscille entre impatience et retour au calme. Je chante un peu, délire pour me détendre, m'égare, il y a trop de fils...
20 mai 2009
"Après repas nuit calme", video concert 2008
"Tic Toc", vidéo concert 2008
13 mai 2009
Pas la crise
Je connais un enfant magique d'une bonté incarnée et d'une beauté volatile ; il m'emporte dans ses bulles d'humour et de philosophie, que je croque menu comme un caviar inédit, et fais couler dans ma gorge comme un miel aux mille parfums de fleurs. Un enfant conducteur-émetteur de musique originale, instantannée, réparatrice. Et tant d'autres sources...
Je connais un ami si implicitement attentif et attentionné, que lorsque j'ai faim il m'apporte une soupe-potion inventive et revigorante ; lorsque j'ai froid il me livre un bois idéal pour réchauffer mon antre et mon être ; lorsque ma voix s'éteint, il me présente des instruments improbables qui réveillent une expression insoupçonnée.
Je connais un amour rescapé des forêts archaïques qui fait tout ce que je redécouvre et défait tout ce que j'essaie de coudre ; un lien inommable d'amouramis, épris ravis, qui nous décore aigles planant hors de l'espace-temps mortel, nous rendant invisibles et presque invincibles. Je connais ce flot de baisers porteur d'énigmes excitantes, un fleuve si déroutant qu'au fil des années qui tisse notre lit astral, on ne peut compter que sur sa délectation et non sur ses révélations. Pas de lassitude...
Je connais une fille qui peut être ma fille, ma mère, ma soeur, mon miroir, une âme sans sexe, une harmonie d'accords et de désaccords en bouquets de rires et de larmes, un voyage de coeur que l'on tente vainement de capturer en photographies, un élan qui suit son cours, un appel, une porte ouverte, un champs de chants divers pour toutes saisons de nos vies en écho.
Je connais des bribes de cosmos qui chatouillent mes antennes et me servent au petit bonheur la chance des mots de transcendance qu'on appelle poésie. Je n'en possède rien, pourtant je transmets ces airs à mon enfant, à mon ami, à mon amour, et à qui veut bien entendre ; tous semblent touchés d'un effet sans cause.
Ma vie connaît heureusement les crises, mais pas la crise.
L'argent ne fait pas le bonheur. On entend encore trop d'intox à ce sujet.
Qu'on préserve un coin de verdure où poser ma cabane avec mes amis, mes amours, mes emmerdes, des accroche-mots, des tire-notes, et c'est tout !
15 avril 2009
Le désert

Imagine le désert ...
Vis le désert !
Endure la traversée.
Contourne le rocher, ne tente pas de le rouler sur la dune.
Va où le vent t'emmène, où le soleil te guide, où la goutte t'attire.
Les traces de tes pas derrière ne te regardent pas
La pousse que tu devines au loin te nourrit déjà.
Nomade, tu réapprends tout chaque jour comme on invente la vie à chaque pas, sans ennui.
Tu sais que tu ne trouveras rien de sûr, rien de durable, mais tu cherches sans fin parce que c'est bon.
C'est la peine qui est bonne, dirait le philosophe.
C'est si beau le désert...
Réapprendre à manger. Réapprendre à marcher.
Encore un pas, encore un pas...
(note du 25 avril) : ENCRE ROUGE s'étale, gouttes de moi qui tombent
J'aimerais me taire mais je dois répandre que l'amour tache
Les murmures se fâchent....
Cette chanson "Encre rouge" me colle à la peau, la preuve : depuis deux semaines, une tache rouge survenue de manière aussi soudaine qu'inexpliquée s'étale sur le dos de ma main...!!! Mon corps s'exprime trop, même dans le désert il ne peut se taire ! L'amour me colle à la peau, oui, un amour indélébile ...

12 avril 2009
Raz de jardin
Raz du sol
Des pâquerettes
Chasse aux n'oeufs
Pas de bol
Galipette
Tombe à terre
Chasse à l'homme
Coule à pic
Face aux nains
C'est le hic
Du jardin
sans un chic

Celui-ci
Quelle horreur !
Pas d'humour
A la pelle

Celui-là
Quel malheur !
Pas d'amour
En réserve

Un cadeau
De ce nain ?
Vite, un saut
Loin des vilains !
Chasse aux n'oeufs
Jour boueux
Vite, un bain
Loin des nains !
C'est le hic
Pathétique
Du jardin
Sans un chic
11 avril 2009
Vous
(chanson)
Je ne parlerai plus de moi
Ni de mes aventures
Un rien m'assaisonne
Un rien m'assomme
Je ne dévoilerai
Ni ma soie ni mes heurts
Un rien m'envahit
Un rien m'effleure
Mais je parlerai de vous
Tout autant que je lis par dessous
Je parlerai de vous
De vos vies qui disent loin de tout
J'interdirai à ce moi
De se donner en pâture
Un rien le croque
Un vent le disloque
Je ne supporterai
De le voir en peinture
Rien n'est plus criard
Que son armure
Mais je parlerai de vous
Tout autant que j'entends par dessous
Je parlerai de vous
De vos vies qui disent loin de tout

03 avril 2009
Mouvements
Amitié
" (...) La source de la joie est au-dedans, j'en conviens ; et rien n'est plus attristant que de voir des gens mécontents d'eux et de tout, qui se chatouillent les uns les autres pour se faire rire. Mais il faut dire aussi que l'homme content, s'il est seul, oublie bientôt qu'il est content ; toute sa joie est bientôt endormie ; il en arrive à une espèce de stupidité et presque d'insensibilité.
Le sentiment intérieur a besoin de mouvements extérieurs.
Si quelque tyran m'emprisonnait pour m'apprendre à respecter les puissances, j'aurais comme règle de santé de rire tout seul tous les jours ; je donnerais de l'exercice à ma joie comme j'en donnerais à mes jambes.
Voici un paquet de branches sèches. Elles sont inertes en apparence comme la terre ; si vous les laissez là, elles deviendront terre. Pourtant elles enferment une ardeur cachée qu'elles ont prise au soleil. Approchez d'elles la plus petite flamme et bientôt vous aurez un brasier crépitant. Il fallait seulement secouer la porte et réveiller le prisonnier.
C'est ainsi qu'il faut une espèce de mise en train pour éveiller la joie. Lorsque le petit enfant rit pour la première fois, son rire n'exprime rien du tout ; il ne rit pas parce qu'il est heureux ; je dirais plutôt qu'il est heureux parce qu'il rit ; il a du plaisir à rire, comme il en a à manger ; mais il faut d'abord qu'il mange.
Cela n'est pas vrai seulement pour le rire ; on a besoin aussi de paroles pour savoir ce que l'on pense. Tant qu'on est seul on ne peut être soi.
Les nigauds de moralistes disent qu'aimer c'est s'oublier ; vue trop simple ; plus on sort de soi-même et plus on est soi-même ; mieux aussi on se sent vivre.
Ne laisse pas pourrir ton bois dans ta cave."
Du devoir d'être heureux
"(...) Le bonheur est beau à voir ; c'est le plus beau spectacle. Quoi de plus beau qu'un enfant ? Mais aussi il se met tout à ses jeux ; il n'attend pas qu'on joue pour lui.
Il est vrai que l'enfant boudeur nous offre aussi l'autre visage, celui qui refuse toute joie ; et heureusement l'enfance oublie vite ; mais chacun a pu connaître de grands enfants qui n'ont point cessé de bouder. Que leurs raisons soient fortes, je le sais ; il est toujours difficile d'être heureux ; c'est un combat contre beaucoup d'événements et contre beaucoup d'hommes ; il se peut que l'on y soit vaincu ; il y a sans doute des événements insurmontables et des malheurs plus forts que l'apprenti stoïcien .
Mais c'est le devoir le plus clair peut-être de ne point se dire vaincu avant d'avoir lutté de toutes ses forces.
Et surtout, ce qui me paraît évident, c'est qu'il est impossible que l'on soit heureux si l'on ne veut pas l'être ; il faut donc vouloir son bonheur et le faire.
Ce que l'on n'a point assez dit, c'est que c'est un devoir aussi envers les autres que d'être heureux. On dit bien qu'il n'y a d'aimé que celui qui est heureux ; mais on oublie que cette récompense est juste et méritée ; car le malheur, l'ennui et le désespoir sont dans l'air que nous respirons tous ; ainsi nous devons reconnaissance et couronne d'athlète à ceux qui digèrent les miasmes, et purifient en quelque sorte la commune vie par leur énergique exemple.
Aussi n'y a-t-il rien de plus profond dans l'amour que le serment d'être heureux.
Quoi de plus difficile à surmonter que l'ennui, la tristesse ou le malheur de ceux que l'on aime ?
Tout homme et toute femme devraient penser continuellement à ceci que le bonheur, j'entends celui que l'on conquiert pour soi, est l'offrande la plus belle et la plus généreuse. (...)
ALAIN, "Propos sur le bonheur"


25 mars 2009
Les minéraux

On ne sait jamais rien des mots de trop
Bavures impardonnables ou cadeaux
Dans mes carnets de notes j'ai fait des faux
Faute d'avoir saisi tous les maux
Et sous le sable sont cachés des couteaux
Qui attendent l'eau
Indéchirable est la peau incrustée
Dans les minéraux
La mémoire est un puits si profond
Pour un grand maître ou un vagabond
L'adresse est-elle bien recommandable
L'eau en est-elle toujours potable ?
Et sous la mousse sont cachés des vers
Qui ont soif de peau
Inconsolable est le coeur endormi
Dans les minéraux
Incontournable est la courbe du corps
Qui nous fait défaut
Indéfendable est la ligne d'horizon
Quand il y a trop d'eau
Je m'en vais sur le sable avec en poche un peu trop
De minéraux
19 mars 2009
Exotique
12 février 2009
Café au lit
Comme le dit l'évidence, la pensée mène aussi près que le rêve voit loin.
Comme le montre l'absence, la présence n'est un cadeau que pour celui qui attend.
Comme le chante l'oiseau, l'air n'est jamais si joyeux que quand l'amour se promène.
Comme le cache l'espérance, la mémoire est un puits profond dont on ne sait si l'eau est encore potable.
Comme le souligne l'ennui, le mystère est aussi indomptable qu'un atome qui s'affole.
Comme éclaire une lune pleine, le café est l'or noir au geyser des insomniaques.
Comme le tait la petite, on ne sait jamais rien des mots de trop.
Comme l'écrit la nuit, l'âme est un vers solitaire qui explore le corps en son fruit.
04 février 2009
Mots du jour
Aller à l'essentiel, c'est être parfois réduit à pas grand chose
L'éphémère dure très longtemps dans l'immensité de la mémoire
28 janvier 2009
Parenthèse
Il est de moi
Et je suis née de lui
Il n'a pas de patrie
Coule de tout mon émoi
Flotte au corps de mes cris
Caresse un goût de soie
Sur une large envie
Les bras grands ouverts
Dès sa naissance
J'ai la croix de l'hiver
Comme décadence
Le vivant a souffert
Saisi sa chance
C'est un souffle de verre
Si étincelant
Engageant un murmure
Sur la moindre braise
Ma voix s'est tue au mur
Du temps qui pèse
L'âme est une écriture
Entre parenthèses
Le choix est dans l'armure
Qui sourit d'aise
Même si d'aventure
Je deviens niaise
Vidée par écorchures
Je vous le dis
Il est de moi
Cet amour là
Et je suis née de lui
21 janvier 2009
Plongée à la source
Aaaaah, non ! Qu'on ne me reproche pas mon état néant-bullatoire et enferme-mental, et qu'on ne vienne surtout pas me secouer les anges démoniaques !
M'enfin, d'où croyez-vous qu'elles surgissent mes petites chansons et mes images de langue déliée délirante ? D'un univers propret tranquille, calme et rassurant, ou de barbotages marécageux et autres plongées en abîme ? ?? Hein ?
Il faut prendre le paquet dans son entier, ne pas se fier à des emballages de circonstances. Si l'on veut une petite qui chante et qui diffuse ses émotions de rires ou de larmes, il faut la laisser caresser la réalité la plus immanente (la mort), pour qu'elle vous offre ses rêves de transcendance (la vie enchantée).
Je m'immerge pour quelques fans (et pour moi-mon égo) ; n'ayez crainte c'est dans ma nature, puis je vous fais signe quand j'aurai dégoté des perles...Oh, pas forcément de très précieuses, mais ne serait-ce que de petites perles de rivière un peu cabossées, ça vous plairait ?
A bientôt
31 décembre 2008
Univers

" Croire que tout est culturel-donc relatif- et qu'il n'existerait pas de valeurs universelles est une grave erreur. C'est pour cela que je crois à la déclaration universelle des droits de l'homme. Dire "c'est dans leur culture de tuer les écrivains, alors laissons-les faire", ou "c'est dans leur culture de couper le clitoris des femmes, ne nous en mêlons pas", si vous réfléchissez sérieusement à la question, vous savez que ces moeurs ne sont pas acceptables. Les humains ont 98 % d'ADN en commun, comment croire que rien n'est valable pour tous les hommes, quelle que soit leur culture ? Comment nier l'existence de valeurs universelles, transculturelles ?
Je vous donnerai deux exemples : d'abord, nous sommes une espèce animale qui se définit par le langage, qui a besoin de parler pour se réaliser pleinement. Tout ce qui limite cette capacité est donc un crime existentiel, un crime contre notre nature. Et, de la même façon, je suis persuadé qu'il existe un instinct moral en chacun de nous : nous naissons avec le désir de faire la différence entre le bon et le mauvais. Si vous pensez comme moi, alors vous conviendrez que certaines questions éthiques dépassent toutes les différences culturelles...
Le monde se porterait mieux sans dieux...Ce qui m'intéresse dans le bouddhisme, par exemple, est qu'il ne formule pas une idée précise du divin. Et les brahmanes vous expliqueront que dans l'hindouisme classique l'idée de dieu reste une abstraction, elle n'est pas figée dans une "entité".
Pour moi, les dieux appartiennent à l'enfance de l'homme. Ils sont comme nos parents : nous avions besoin d'eux quand nous ne savions pas d'où venait le monde, et tant que nous n'avions pas développé de sens éthique. Mais nous avons grandi : nous savons que nous ne sommes pas issus de la Génèse, et, pour ce qui est du sens éthique, nous n'avons pas besoin des prêtres et des dieux pour le définir.
Dans toute vie, il arrive un moment où les enfants doivent se séparer de leurs parents, et j'attends le moment où nous pourrons dépasser le discours religieux- mais je ne pense pas que ce soit pour demain..."
SALMAN RUSHDIE







