10 mai 2008
Les Lotus cachés

Je descends sur la plage et cherche un coquillage.J'y vais légère et pieds nus comme une enfant qui s'attend à tomber sur un trésor, là, un peu enfoui dans le sable. Mais je ne vois rien. Déçue et moins souriante, je remonte vers les rochers, espérant que cet autre relief recelle une surprise, m'enchante un peu. Mais je ne trouve rien. Reste confiante, me dis-je, demain sera un autre jour. Je regarde une dernière fois l'horizon avant de repartir ; je confie toujours mon désarroi à une étendue d'eau, depuis la nuit où un lac a accueilli ma méditation en m'enseignant la dignité. J'abandonne tout à cette nature ondulante, opaque, terrifiante pour moi et envoûtante. Je m'éloigne des falaises, les yeux pleins.
Et comme le vent souffle fort, avec les oiseaux qui s'expriment dans leur ronde du soir, je n'entends pas cet autre chant, plus subtil, qui suinte d'où je ne vais jamais. Comme j'écoute ma peine, je ne perçois pas ce qu'il y avait de bon pour moi, et je n'ai rien vu de ce qui m'attendait là, juste à côté...
Pourtant c'était bien toi, je l'ai découvert plus tard, une providence. Et c'était toi aussi, mon autre révélation. Jusqu'à la fin de mon chemin, je ne vous lâcherai pas du regard. 

