15 avril 2009
Le désert

Imagine le désert ...
Vis le désert !
Endure la traversée.
Contourne le rocher, ne tente pas de le rouler sur la dune.
Va où le vent t'emmène, où le soleil te guide, où la goutte t'attire.
Les traces de tes pas derrière ne te regardent pas
La pousse que tu devines au loin te nourrit déjà.
Nomade, tu réapprends tout chaque jour comme on invente la vie à chaque pas, sans ennui.
Tu sais que tu ne trouveras rien de sûr, rien de durable, mais tu cherches sans fin parce que c'est bon.
C'est la peine qui est bonne, dirait le philosophe.
C'est si beau le désert...
Réapprendre à manger. Réapprendre à marcher.
Encore un pas, encore un pas...
(note du 25 avril) : ENCRE ROUGE s'étale, gouttes de moi qui tombent
J'aimerais me taire mais je dois répandre que l'amour tache
Les murmures se fâchent....
Cette chanson "Encre rouge" me colle à la peau, la preuve : depuis deux semaines, une tache rouge survenue de manière aussi soudaine qu'inexpliquée s'étale sur le dos de ma main...!!! Mon corps s'exprime trop, même dans le désert il ne peut se taire ! L'amour me colle à la peau, oui, un amour indélébile ...

12 avril 2009
Raz de jardin
Raz du sol
Des pâquerettes
Chasse aux n'oeufs
Pas de bol
Galipette
Tombe à terre
Chasse à l'homme
Coule à pic
Face aux nains
C'est le hic
Du jardin
sans un chic

Celui-ci
Quelle horreur !
Pas d'humour
A la pelle

Celui-là
Quel malheur !
Pas d'amour
En réserve

Un cadeau
De ce nain ?
Vite, un saut
Loin des vilains !
Chasse aux n'oeufs
Jour boueux
Vite, un bain
Loin des nains !
C'est le hic
Pathétique
Du jardin
Sans un chic
11 avril 2009
Vous
(chanson)
Je ne parlerai plus de moi
Ni de mes aventures
Un rien m'assaisonne
Un rien m'assomme
Je ne dévoilerai
Ni ma soie ni mes heurts
Un rien m'envahit
Un rien m'effleure
Mais je parlerai de vous
Tout autant que je lis par dessous
Je parlerai de vous
De vos vies qui disent loin de tout
J'interdirai à ce moi
De se donner en pâture
Un rien le croque
Un vent le disloque
Je ne supporterai
De le voir en peinture
Rien n'est plus criard
Que son armure
Mais je parlerai de vous
Tout autant que j'entends par dessous
Je parlerai de vous
De vos vies qui disent loin de tout

03 avril 2009
Mouvements
Amitié
" (...) La source de la joie est au-dedans, j'en conviens ; et rien n'est plus attristant que de voir des gens mécontents d'eux et de tout, qui se chatouillent les uns les autres pour se faire rire. Mais il faut dire aussi que l'homme content, s'il est seul, oublie bientôt qu'il est content ; toute sa joie est bientôt endormie ; il en arrive à une espèce de stupidité et presque d'insensibilité.
Le sentiment intérieur a besoin de mouvements extérieurs.
Si quelque tyran m'emprisonnait pour m'apprendre à respecter les puissances, j'aurais comme règle de santé de rire tout seul tous les jours ; je donnerais de l'exercice à ma joie comme j'en donnerais à mes jambes.
Voici un paquet de branches sèches. Elles sont inertes en apparence comme la terre ; si vous les laissez là, elles deviendront terre. Pourtant elles enferment une ardeur cachée qu'elles ont prise au soleil. Approchez d'elles la plus petite flamme et bientôt vous aurez un brasier crépitant. Il fallait seulement secouer la porte et réveiller le prisonnier.
(...)
Ne laisse pas pourrir ton bois dans ta cave."
Du devoir d'être heureux
"(...) Le bonheur est beau à voir ; c'est le plus beau spectacle. Quoi de plus beau qu'un enfant ? Mais aussi il se met tout à ses jeux ; il n'attend pas qu'on joue pour lui.
Il est vrai que l'enfant boudeur nous offre aussi l'autre visage, celui qui refuse toute joie ; et heureusement l'enfance oublie vite ; mais chacun a pu connaître de grands enfants qui n'ont point cessé de bouder. Que leurs raisons soient fortes, je le sais ; il est toujours difficile d'être heureux ; c'est un combat contre beaucoup d'événements et contre beaucoup d'hommes ; il se peut que l'on y soit vaincu ; il y a sans doute des événements insurmontables et des malheurs plus forts que l'apprenti stoïcien .
Mais c'est le devoir le plus clair peut-être de ne point se dire vaincu avant d'avoir lutté de toutes ses forces.
Et surtout, ce qui me paraît évident, c'est qu'il est impossible que l'on soit heureux si l'on ne veut pas l'être ; il faut donc vouloir son bonheur et le faire.
Ce que l'on n'a point assez dit, c'est que c'est un devoir aussi envers les autres que d'être heureux. On dit bien qu'il n'y a d'aimé que celui qui est heureux ; mais on oublie que cette récompense est juste et méritée ; car le malheur, l'ennui et le désespoir sont dans l'air que nous respirons tous ; ainsi nous devons reconnaissance et couronne d'athlète à ceux qui digèrent les miasmes, et purifient en quelque sorte la commune vie par leur énergique exemple.
Aussi n'y a-t-il rien de plus profond dans l'amour que le serment d'être heureux.
Quoi de plus difficile à surmonter que l'ennui, la tristesse ou le malheur de ceux que l'on aime ?
Tout homme et toute femme devraient penser continuellement à ceci que le bonheur, j'entends celui que l'on conquiert pour soi, est l'offrande la plus belle et la plus généreuse. (...)
ALAIN, "Propos sur le bonheur"



