13 mai 2009
Pas la crise
Je connais un enfant magique d'une bonté incarnée et d'une beauté volatile ; il m'emporte dans ses bulles d'humour et de philosophie, que je croque menu comme un caviar inédit, et fais couler dans ma gorge comme un miel aux mille parfums de fleurs. Un enfant conducteur-émetteur de musique originale, instantannée, réparatrice. Et tant d'autres sources...
Je connais un ami si implicitement attentif et attentionné, que lorsque j'ai faim il m'apporte une soupe-potion inventive et revigorante ; lorsque j'ai froid il me livre un bois idéal pour réchauffer mon antre et mon être ; lorsque ma voix s'éteint, il me présente des instruments improbables qui réveillent une expression insoupçonnée.
Je connais un amour rescapé des forêts archaïques qui fait tout ce que je redécouvre et défait tout ce que j'essaie de coudre ; un lien inommable d'amouramis, épris ravis, qui nous décore aigles planant hors de l'espace-temps mortel, nous rendant invisibles et presque invincibles. Je connais ce flot de baisers porteur d'énigmes excitantes, un fleuve si déroutant qu'au fil des années qui tisse notre lit astral, on ne peut compter que sur sa délectation et non sur ses révélations. Pas de lassitude...
Je connais une fille qui peut être ma fille, ma mère, ma soeur, mon miroir, une âme sans sexe, une harmonie d'accords et de désaccords en bouquets de rires et de larmes, un voyage de coeur que l'on tente vainement de capturer en photographies, un élan qui suit son cours, un appel, une porte ouverte, un champs de chants divers pour toutes saisons de nos vies en écho.
Je connais des bribes de cosmos qui chatouillent mes antennes et me servent au petit bonheur la chance des mots de transcendance qu'on appelle poésie. Je n'en possède rien, pourtant je transmets ces airs à mon enfant, à mon ami, à mon amour, et à qui veut bien entendre ; tous semblent touchés d'un effet sans cause.
Ma vie connaît heureusement les crises, mais pas la crise.
L'argent ne fait pas le bonheur. On entend encore trop d'intox à ce sujet.
Qu'on préserve un coin de verdure où poser ma cabane avec mes amis, mes amours, mes emmerdes, des accroche-mots, des tire-notes, et c'est tout !
28 janvier 2009
Parenthèse
Il est de moi
Et je suis née de lui
Il n'a pas de patrie
Coule de tout mon émoi
Flotte au corps de mes cris
Caresse un goût de soie
Sur une large envie
Les bras grands ouverts
Dès sa naissance
J'ai la croix de l'hiver
Comme décadence
Le vivant a souffert
Saisi sa chance
C'est un souffle de verre
Si étincelant
Engageant un murmure
Sur la moindre braise
Ma voix s'est tue au mur
Du temps qui pèse
L'âme est une écriture
Entre parenthèses
Le choix est dans l'armure
Qui sourit d'aise
Même si d'aventure
Je deviens niaise
Vidée par écorchures
Je vous le dis
Il est de moi
Cet amour là
Et je suis née de lui
07 décembre 2008
Aigle et brouillard
A l'étage du brouillard qui imprègne les hauts et les bas, même l'aigle se perd en tournoiements. Il a beau tout déployer, il reste égaré un moment.
Il peut alors s'élever jusqu'à la lune, on le croit. Il s'y sèche les plumes, on le voit.
Il réapparaît un jour, après la longue nuit de ses rêves. Teinté de nuances astrales et fantasmagoriques, il n'est plus tout à fait lui-même, ni totalement un autre.
C'est lui qui se pose, enfin plus clair, tout près des choses ; toute douce est sa pause.
C'est elle qui lui cause, une aigle qui arrive en même temps pour reprendre son souffle sur le même pilier :
"- Vous venez de la lune, n'est-ce pas ? J'en reconnais la parure subtile de votre enveloppe, et peux voir dans votre oeil l'effroi du vide qui s'y reflète encore.
- Oui...Vous me frôlez et je tremble, est-ce normal ?
- Tout ce qui avait trait au normal ne sera plus, dans cette histoire de fous.
- Je suis fatigué, pouvons-nous tenir à deux sur le même socle, aussi étroit qu'instable ?
- Nous pouvons tenir n'importe où ensemble. Il suffit de s'unir, n'être qu'un, alors tout lieu nous sera égal, tout temps nous sera régal, jusqu'à..."
Mais elle n'a pas le temps de terminer cette vision de vie, qu'il est déjà reparti. Il n'avait pas suffisamment perfectionné son vol pour rester tout ce temps de parole en déséquilibre sur le rebord de l'unique poteau. Pourtant, il avait fourni tant d'efforts, battant doublement des ailes tout en conversant, mais c'était trop pour un être à peine métamorphosé qui arrive tout juste de la lune. Il a tenu quelques instants, ravi de cette rencontre, puis ses ailes et le vent l'ont poussé vers ailleurs...
Elle, tourne encore, dans l'étrange crépuscule qui la bascule tout doucement vers une autre longue nuit...
06 décembre 2008
Re-peau
Repos après K.O.
Repos de moi.
Repos dans le rêve de mon autre moi.
Dormir dans l'écho de nos mots.
Redoubler de sens notre persévérance.
Panser sans penser.
Croire au matin.
Attendre une nouvelle peau.
S'hydrater à la source.
Se repêcher, sans hameçon, juste à la voix. (La petite voix)
AVIS AUX VOLEURS
Voir le Fichier : avisauxvoleurs.wav
(être patient pour écouter)
Tu te joins à mes nuits blanches
Comme un souffle sur mes hanches
Tu débarques en plein désert
Dans le rien surgit la mer
Ondulation sans bagage
La promesse d'un voyage
Apparition qui s'expose
Au chaos du temps qui prend sa pause
Avis aux voleurs de sève
C'est moi qui tiens les rêves
Quelques heures sans dormir
Un penchant pour s'évanouir
Tu reviens à l'infini
Saouler mes yeux de fantaisie
Tours de manège à l'envi
J'ai des tickets pour la nuit
Illusion de virtuose
Aller toujours où le ciel est rose
Mais avis aux voleurs de sève
C'est moi qui tiens les rêves
Tu te lies à mes images
Impressionné d'avantages
Tu te couches sur ma terre
Les sillons boivent la mer
Ondulation sans bagage
La promesse d'un voyage
Apparition qui s'expose
Au chaos du temps qui prend sa pause
Apparition qui s'expose
A la déraison des choses
Tours de manège à l'envi
J'ai des tickets pour la nuit pour la vie...
19 novembre 2008
Voyage en solitaires
(Berceuse pour "jy aime")
Tu manques à mes soupirs
Je passe à travers flou
La main tendue d'écrire
A ta flamme de voyou
Je bande un arc-en-ciel
Depuis mon lit de pluie
Jusque vers ton carmel
Où le néant t'enduit
Tu manques à mes soupirs
J'étale à travers clous
L'âme tordue de rire
A pleurer comme des fous
Je rêve balancelle
Nous isolant ravis
Sur des mers sans nouvelles
Nous serions seuls amis
Tu manques à mes sourires
Je t'isole en mon cou
Broyant les instants pires
D'un fort coup de genou
Tu manques à mes soupirs
Qu'entendre là-dessous ?
Il ne reste qu'écrire
Pour échapper au trou
12 avril 2008
rap raggae insomniaque
J'aimerais me lasser de toi
Mais qu'est-ce-que tu m'agaces
Tu viens te gaver de moi
Comme un TOC qui te passe
Je sais t'enlacer de moi
Sur le dos, à la brasse
Mettre ton coeur en émoi
Un TIC qui me dépasse
J'aimerais me lasser de toi
Savoir ce qui se passe
Quand tu balances à mi-voix
Des trucs qui s'effacent
Je sais te saouler de moi
Te perdre dans ma nasse
Façonner ta langue de bois
TICS et TOCS qui trépassent
J'aimerais me lasser de toi
Te fondre dans la masse
T'assommer de mes dix doigts
Comme une âme à la chasse
Mais je vais t'enlacer de moi
Sur le dos, à la brasse
Mettre ton coeur en émoi
Un art qui prend sa place
Et je vais m'enlacer de toi
Sur le dos, à la brasse
Mettre mon coeur en émoi
Un TIC qui me dépasse
29 mars 2008
petite ange tangue inéligible
Un feu matin en rêve
M'éveille à brûle-pourpoint du jour
Mon corps s'écarquille à l'aurore
Evanescente et soluble
Traces de pas sur mon âme
Ton parfum s'échappe d'ailleurs
Et me happe en tournoiement
Une bise sur ma peau, secrète,
Souffle chaud d'alcool de souffre
Prouve qu'en silence on crie le vent
Qui porte l'union de nos tétées perdues
On dit que le silence est d'or
Mais je le crois de fer
Tellement il sent la rouille
Et verrouille le corps
Dans un lit de mystères
Aux taches de soi indélébiles
Draps de caresses inextinguibles
L'âme errante se prend de trouille
Brouille les cartes allant de pair
Offre un jeu trouble à Lucifer
Riant de songes impossibles
Si le matin se peint en vert
Le coucher en paillettes d'or
La vérité n'a pas de bible
Nudité seule se débrouille
Pour rhabiller l'inéligible
(image "éternel présent")
25 mars 2008
petitthème...slam
mon corps d'accord avec ton corps correspond à la corde raide tendue sans effort entre nos coeurs éperdus corrompus par la mort et ses raccords, encore encore me amor, on court, on court et l'amour, et l'AMOUR...et l'amour est un monde...sans parallèles
!
Quel beau dessin ces parallèles
poussées par un vent d'été
météo inhabituelle
elles se sont resserrées
Dans les jardins de bagatelle
Des fleurs bleues sur les genoux
A la rosée on s'attelle
Et l'on s'est rencontré






