11 octobre 2009
Manger des trompettes

Même si ce n'est pas une année à musique, c'est une année à trompettes.
La renommée de La Petite qui écrit, compose et chante depuis....X années, n'ira pas plus loin que ce qui se croise en chemin . Il faut en convenir, et pour ce faire, quoi de plus apaisant que des pas dans les bois . Des pas absorbants. Régénérants. On trouve de tout sous les pas : des feuilles mortes, de jeunes pousses vivaces, de paresseuses limaces, des ronces qui écorchent, de joyeuses grenouilles, une mousse qui caresse, de la terre qui colle, et des champignons que j'accommoderai ce soir d'un beurre d'ail et d'une crème citronnée, le tout accompagné de pommes de terre vapeur et d'un reste de Rully rouge.
Donc, comprenez-le, c'est le temps de manger, prendre du poids, conquérir l'étoffe, après on verra, avant on ne sait plus, maintenant c'est l'ébullition immobile.
Je ne sais pas pourquoi, tout prend du temps dans mon projet musique, tout est là et tout fout le camp, en permanence.
Se remettre en question, garder l'envie, la transmettre pour créer une synergie, travailler plus, ne rien gagner d'autre que l'évitement des regrets.
08 septembre 2009
Battement de cils
S'il me fallait évoquer la pureté, j'emploierais le manque
S'il me prenait l'envie d'en débattre avec elle, je figerais l'âme blanche
S'il m'arrivait de l'approcher, je fondrais en larmes
S'il me suffisait de la réclamer, je choisirais le battement de cils
S'il me plaisait de chanter au ciel les pieds dans le fumier, j'intitulerais pureté
Si ma vie n'avait dû être qu'un seul instant, je l'aurais aimé juste comme ça :
15 avril 2009
Le désert

Imagine le désert ...
Vis le désert !
Endure la traversée.
Contourne le rocher, ne tente pas de le rouler sur la dune.
Va où le vent t'emmène, où le soleil te guide, où la goutte t'attire.
Les traces de tes pas derrière ne te regardent pas
La pousse que tu devines au loin te nourrit déjà.
Nomade, tu réapprends tout chaque jour comme on invente la vie à chaque pas, sans ennui.
Tu sais que tu ne trouveras rien de sûr, rien de durable, mais tu cherches sans fin parce que c'est bon.
C'est la peine qui est bonne, dirait le philosophe.
C'est si beau le désert...
Réapprendre à manger. Réapprendre à marcher.
Encore un pas, encore un pas...
(note du 25 avril) : ENCRE ROUGE s'étale, gouttes de moi qui tombent
J'aimerais me taire mais je dois répandre que l'amour tache
Les murmures se fâchent....
Cette chanson "Encre rouge" me colle à la peau, la preuve : depuis deux semaines, une tache rouge survenue de manière aussi soudaine qu'inexpliquée s'étale sur le dos de ma main...!!! Mon corps s'exprime trop, même dans le désert il ne peut se taire ! L'amour me colle à la peau, oui, un amour indélébile ...

12 février 2009
Café au lit
Comme le dit l'évidence, la pensée mène aussi près que le rêve voit loin.
Comme le montre l'absence, la présence n'est un cadeau que pour celui qui attend.
Comme le chante l'oiseau, l'air n'est jamais si joyeux que quand l'amour se promène.
Comme le cache l'espérance, la mémoire est un puits profond dont on ne sait si l'eau est encore potable.
Comme le souligne l'ennui, le mystère est aussi indomptable qu'un atome qui s'affole.
Comme éclaire une lune pleine, le café est l'or noir au geyser des insomniaques.
Comme le tait la petite, on ne sait jamais rien des mots de trop.
Comme l'écrit la nuit, l'âme est un vers solitaire qui explore le corps en son fruit.
04 février 2009
Mots du jour
Aller à l'essentiel, c'est être parfois réduit à pas grand chose
L'éphémère dure très longtemps dans l'immensité de la mémoire
07 décembre 2008
Aigle et brouillard
A l'étage du brouillard qui imprègne les hauts et les bas, même l'aigle se perd en tournoiements. Il a beau tout déployer, il reste égaré un moment.
Il peut alors s'élever jusqu'à la lune, on le croit. Il s'y sèche les plumes, on le voit.
Il réapparaît un jour, après la longue nuit de ses rêves. Teinté de nuances astrales et fantasmagoriques, il n'est plus tout à fait lui-même, ni totalement un autre.
C'est lui qui se pose, enfin plus clair, tout près des choses ; toute douce est sa pause.
C'est elle qui lui cause, une aigle qui arrive en même temps pour reprendre son souffle sur le même pilier :
"- Vous venez de la lune, n'est-ce pas ? J'en reconnais la parure subtile de votre enveloppe, et peux voir dans votre oeil l'effroi du vide qui s'y reflète encore.
- Oui...Vous me frôlez et je tremble, est-ce normal ?
- Tout ce qui avait trait au normal ne sera plus, dans cette histoire de fous.
- Je suis fatigué, pouvons-nous tenir à deux sur le même socle, aussi étroit qu'instable ?
- Nous pouvons tenir n'importe où ensemble. Il suffit de s'unir, n'être qu'un, alors tout lieu nous sera égal, tout temps nous sera régal, jusqu'à..."
Mais elle n'a pas le temps de terminer cette vision de vie, qu'il est déjà reparti. Il n'avait pas suffisamment perfectionné son vol pour rester tout ce temps de parole en déséquilibre sur le rebord de l'unique poteau. Pourtant, il avait fourni tant d'efforts, battant doublement des ailes tout en conversant, mais c'était trop pour un être à peine métamorphosé qui arrive tout juste de la lune. Il a tenu quelques instants, ravi de cette rencontre, puis ses ailes et le vent l'ont poussé vers ailleurs...
Elle, tourne encore, dans l'étrange crépuscule qui la bascule tout doucement vers une autre longue nuit...
05 avril 2008
pensée sauvage
Les grands vents balaient. Les pierres s'effritent. La nature est beauté. La beauté est sauvage. Le sauvage est passé. Reculé dans les grottes. Le Sauvage est encore. La petite l'adore.

